MONDE : Croissance, malgré tout

Par | 21 mai 2012

Si le Fonds monétaire international (FMI) s’attend à une progression du PIB mondial de l’ordre de +3,5% en 2012, il prévoit aussi une légère récession en zone €uro du fait d’une perte de confiance générale, des effets du désendettement bancaire sur l’économie réelle et des répercussions du rééquilibrage budgétaire qui fait suite aux pressions des marchés. Aussi, l’activité demeurera décevante pour les pays industrialisés où la croissance n’avoisinera qu’environ +1,5% en 2012 et +2% en 2013, sans exclure la possibilité de nouvelles crises en Europe ainsi que la poursuite d’une récession dans les pays du sud. Pour consolider cette reprise fragile, le FMI a recommandé de modérer les plans de rigueur en cas de ralentissement économique. Il a également préconisé une réforme fondamentale du secteur financier, la poursuite du rééquilibrage budgétaire et des réformes structurelles visant à accroître la production potentielle.

Aux États-Unis, le PIB, en volume, s’est accru au rythme annualisé de +2,2% au premier trimestre contre +3% l’an au trimestre précédent. L’économie américaine cumule des résultats positifs mais sans vraiment convaincre. La production industrielle, après une hésitation en mars, s’est pleinement ressaisie en avril et l’indice ISM manufacturier a de nouveau progressé, mais l’indice ISM non manufacturier est toutefois repassé sous sa moyenne de long terme. Par ailleurs, les résultats des enquêtes "emploi" d’avril ont déçu les anticipations même si le ralentissement des créations d’emplois (115.000) n’a pas empêché le taux de chômage de reculer à 8,1%. La consommation des ménages pourrait ralentir, mais sans pour autant baisser, après une accélération de la demande au premier trimestre au rythme de +2,9% l’an, tandis que l’inflation se modère fortement, passant de +2,5% l’an en mars à +1,9% en avril. Par ailleurs, les dépenses publiques en biens et services diminuent depuis six trimestres. Les investissements des entreprises ont fléchi, mais dans la mesure où les marges et les cash-flows des entreprises restent situés sur des niveaux élevés, l’investissement productif devrait prochainement repartir à la hausse. Dans le secteur de l’immobilier, les prix paraissent se stabiliser.


Source : Board of Governors of the Federal Reserve System

Au Japon, le rebond de la production industrielle (+1% en mars) n’efface pas totalement le repli précédent. La moyenne sur trois mois reste sur un niveau inférieur de -13,5% par rapport au début 2008. Les prix à la consommation ont augmenté de +0,1% en mars et de +0,4% en glissement annuel.

En Chine, la production industrielle a baissé en avril, mais l’avance ressort à +9,5% en un an, peut-être même plus si l’on considère la moyenne mobile sur trois mois, en hausse de +13,9%. Si la consommation des ménages reste inscrite sur une pente soutenue, les exportations, malgré leur niveau record, souffrent de l’affaiblissement de la demande des marchés européens. Le retournement du marché immobilier s’accentue, mais le risque que ce ralentissement ne se transforme en un éclatement de la bulle immobilière est peu probable du fait du niveau encore élevé de la demande de logements. En Inde, le marché automobile (2,34 millions en rythme annualisé d’immatriculations en mars) témoigne du dynamisme de la demande des ménages que la récente baisse des taux directeurs ne peut que soutenir.

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