EUROPE : Le maillon faible de l’économie mondiale

Par | 26 novembre 2012

La récession dans laquelle est engagée la zone €uro s’approfondit. Le PIB a reculé de -0,4% l’an au troisième trimestre 2012 après -0,8% le trimestre précédent, plombé par les pays du sud (Italie, Espagne, Portugal, Grèce)  tandis que les enquêtes menées en octobre montrent la poursuite de la dégradation du climat de confiance dans l’industrie, la construction et les services. Le taux d’utilisation des capacités de production a retrouvé son niveau de l’été 2010. La production industrielle a chuté dans tous les pays en septembre. Les marchés du travail se détériorent. Le taux de chômage est à 11,6%. Les prêts accordés au secteur privé résident ont baissé de -0,8% en un an.


Source : Eurostat.

La Banque centrale européenne (BCE), comme l’avaient anticipé les marchés, a laissé inchangé le 8 novembre dernier ses principaux taux directeurs. Depuis le mois de juillet, le taux de refinancement est maintenu à 0,75%, son plus bas niveau historique. Si l’activité économique reste faible, une baisse du taux à 0,50% est probable en 2013. Parallèlement, la Banque d’Angleterre (BoE) a maintenu son taux directeur au niveau historiquement bas de 0,5%, mais a décidé de stopper son programme d’assouplissement quantitatif (QE) lancé en mars 2009. Toutefois, l’arrêt des rachats d’actifs pourrait n’être que temporaire.

Selon la Commission Européenne, le déficit public en zone €uro reviendrait à 2,6% du PIB en 2013 puis à 2,5% en 2014 après 3,3% cette année. Ce résultat s’explique notamment par les efforts de l’Allemagne, où le solde, déjà quasiment revenu à l’équilibre, le resterait à l’horizon de la prévision.
En outre, le ratio italien s’afficherait à 2,1% lors des deux exercices à venir, de sorte que le solde primaire (hors intérêts de la dette) serait largement excédentaire. En revanche, le déficit public espagnol demeurerait élevé malgré les politiques de rigueur menées ces derniers mois. Il s’inscrirait encore à 6% en 2013 puis 6,4% en 2014, après 8% en 2012. Enfin, le déficit tomberait à 4,6% dans deux ans en Grèce, alors qu’il était monté à 15,6% en 2009.

La dette des administrations s’établirait à 94,3% du PIB en 2014 en zone €uro, en légère hausse par rapport à 2012. Elle ressortirait autour de 70% aux Pays-Bas et de 78,5% en Allemagne mais à 126,5% en Italie et à près de 190% en Grèce. La France se situerait dans la moyenne Européenne (93,8%).

En Allemagne, le PIB en volume a augmenté de +0,9% l’an au troisième trimestre 2012, mais l’indice Ifo recule depuis six mois et la composante "perspective à six mois" se stabilise. Les commandes s’adressant à l’industrie ont à nouveau reculé en septembre.


Source : Institut für Wirtschaftsforschung.

Les exportations, pilier de l’économie, ont reculé de -3,4% en septembre ; celles à destination de la zone €uro se sont effondrées de -9,1%. En baisse de -4,5%, les commandes à l’international sont tirées vers le bas par la zone €uro (-9,6%). Le chômage se maintient cependant à son plus bas niveau depuis la réunification : 5,4% en septembre selon Eurostat, commence à se redresser. Le taux d’inflation s’est établi à +2,1% en octobre.

L’activité du Royaume-Uni a fortement rebondi au troisième trimestre, après neuf mois de recul. La croissance a atteint +4% l’an pour la période de juillet à septembre, par rapport au trimestre précédent pour retrouver son niveau de l’an passé. Les signaux positifs se multiplient. Le nombre de personnes ayant un emploi est au plus haut, avec un taux de chômage repassé au-dessous de 8%. Il faut cependant s’interroger sur la durabilité de cette "reprise", gonflée par l’effet des Jeux olympiques et par le rebond technique après les jours fériés exceptionnels du jubilé de la reine en juin. Sur un an, la croissance britannique reste atone et le pays n’a récupéré que la moitié de l’activité perdue depuis la récession précédente de 2008. Le FMI a d’ailleurs révisé à la baisse ses prévisions pour le pays, à -0,4% sur l’année et table sur une croissance de +1,1% pour 2013.

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